POSTURE DE L’ENFANT : DOUCEUR ET RÉCONFORT

Chaque matin, j’ouvre l’œil, je m’étire, je me retourne sur le ventre et en poussant sur mes mains et je me place dans la posture de l’enfant. Rien à faire, depuis quelques années, c’est un rituel. Un rituel souvent à peine conscient.

Yogalavie - enfant I

La posture de l’enfant parle d’elle-même : elle a quelque chose d’apaisant et de relaxant.

Il est facile de croire que cette posture est archifacile, mais en réalité selon l’état de vos genoux, de votre dos ou de votre ventre, elle peut s’avérer un défi. Voici donc quelques astuces pour ceux et celles qui veulent découvrir cette posture ou qui la pratiquent régulièrement de découvrir ou d’approfondir l’expérience de cette posture.

ENTRER DANS LA POSTURE

Il y a plusieurs manières d’entrer dans la posture de l’enfant.

La première, peut-être la plus simple, consiste à vous déposer en assise sur vos talons, de déposer vos mains de chaque côté des genoux – un peu plus vers l’avant – et de plier vos coudes à venir déposer votre front au sol. Dans la posture de base, vos bras s’allongeront de chaque côté de vos jambes, les paumes vers le ciel.

La deuxième démarre à quatre pattes. En poussant dans vos mains, vous déposerez vos fessiers sur vos talons (le dessus de vos pieds faisant face au sol). Votre front se déposera alors naturellement au sol et cette fois vos bras seront allongés vers l’avant, paumes vers le sol. Vous pourriez dans cette posture choisir de glisser vos bras de chaque côté des jambes paumes vers le ciel – pour connaître la différence, continuez votre lecture !

Une troisième technique, variation de la deuxième, commence directement sur le ventre, vos mains à plat au sol de chaque côté de votre buste, coudes vers le ciel (comme en préparation pour le cobra). Vous engagez vos abdominaux pour ramener vos fessiers sur vos talons – en fait vous passez par la seconde technique.

Deux variations de la posture sont possibles, selon la position de vous bras. Dans la première, vos bras se poseront le long de votre corps, les doigts vers l’arrière et les paumes vers le ciel. Cela permettra à vos épaules de se relâcher pleinement, la posture vous permet alors de vous restaurer. Dans la seconde, les bras peuvent rester longs vers l’avant, les paumes vers le sol. Cette variation permet l’assouplissement des épaules et peut être plus exigeante pour certains.

Pendant la posture

Yogalavie - enfant III

La posture de l’enfant est toute indiquée pour détendre la région dorsale, plus précisément la région lombaire (accumulant beaucoup de tension pour la plupart d’entre nous).

Évidemment, cette posture invite à détendre l’ensemble du corps. Une fois dans la position invitez-vous également à détendre vos épaules, votre nuque et vos aines.

La première chose à faire une fois dans la posture, est de donc respirer profondément en utilisant la respiration abdominale. La compression du ventre sur les cuisses lors de l’inspiration permet de créer un mouvement plus profond dans le bas du dos. Les rigidités se relâchent peu à peu à force de respirer généreusement.

La seconde chose à faire est de prendre conscience de la pression ressentie au milieu du front, là où le poids de la tête s’appuie sur le sol (ou un bloc… pour des détails, continuez la lecture). Vous pouvez alors visualiser le trop plein d’idée dans votre tête s’écouler dans le sol, vous pouvez imaginer la tension excédante située autour de votre colonne vertébrale faire de même.

ASTUCES ET VARIATIONS

Vous vous dites peut-être déjà que vous ne pourrez réaliser cette posture : comment diable vais-je déposer mon front sur le sol ?! Mes fessiers ne touchent pas à mes talons. Mon ventre prend trop de place ! Je n’arrive pas à respirer !… quelle que soit votre condition, il y a une solution.

  • Si vous vous sentez compressé au niveau de l’abdomen, ou si vous êtes enceinte, permettez-vous d’ouvrir vous genoux afin que votre ventre se glisse entre ceux-ci. Vous serez alors plus à l’aire et pourrez apprécier tous les bienfaits de la posture.
  • Si vos fessiers ne touchent pas vos talons, priorisez toujours la proximité des fessiers et des talons à celle du font et du sol. J’ai trop souvent vu des individus compresser leurs vertèbres cervicales, les fessiers étant toujours trop vers le ciel, il peut vous être nécessaire dans un premier temps de mettre un bloc sous le front. Sans problème.
  • Si votre front ne touche pas le sol, déposez votre front sur un bloc ou un dictionnaire (deux si nécessaire) afin que votre front se dépose sur une surface. Vous pourrez alors vous détendre en profondeur en ne vous créant aucune tension supplémentaire.
  • Si vous genoux sont douloureux, vous pouvez déposer une couverture roulée ou l’équivalent dernière vos genoux, cela vous évitera de ressentir une compression démesurée à l’endroit de cette articulation si précieuse ! 😉
  • Si vous avez très mal aux chevilles et/ou aux pieds, ce qui est généralement plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, vous pouvez déposer une couverture sous vos genoux
  • Si vous avez mal partout, et que toutes ces couvertures, ces blocs et ces dictionnaires ne simplifient pas votre vie et ne rendent pas la posture agréable (ce qui peut arriver, j’ai connu beaucoup de personnes qui trouvaient cette posture trop exigeante, au début du moins), l’autre option est de se déposer sur votre dos et de replier vos genoux vers votre ventre. Ces derniers peuvent être collés ensemble ou ouverts, vous les tiendrez avez vos mains et respirerez tout aussi profondément. Vous êtes alors déposé dans l’exacte même posture, sans la pression du poids de votre corps.

SORTIR DE LA POSTURE

Pour sortir de la posture, il faut y aller doucement car vous venez de relâcher profondément votre corps. Prenez donc votre temps. Étirerez vos bras vers l’avant, si ce n’est pas déjà fait, et revenez lentement dans une posture à quatre pattes.

Une autre option, si vos genoux le permettent, est de dérouler votre colonne, vertèbre par vertèbre pour venir vous asseoir sur vos genoux. Étant détendu profondément, l’esprit calme, vous pouvez entamer une douce méditation dans cette posture, en appréciant votre état.

Pendant votre pratique personnelle, vous pouvez glisser la posture de l’enfant à n’importe quel moment. Si vous avez besoin d’une pause, de reprendre votre souffle ou de retrouver un moment de calme, cette posture est toute indiquée.

BÉNÉFICES

Yogalavie - enfant II

  • Étire vos chevilles et vos pieds
  • Étire doucement vos hanches et vos cuisses
  • Relâche et étire le bas de votre dos
  • Masse et tonifie vos organes abdominaux
  • Stimule votre digestion
  • Calme votre activité cérébrale et vous soulagent du stress et de la fatigue

CONTRE-INDICATION

La posture de l’ enfant est à éviter si :

  1. vous avez des douleurs ou de sérieuses blessures à la colonne vertébrale
  2. vous avez des douleurs ou de sérieuses blessures aux genoux
  3. vous avez la diarrhée… et oui !

Mais comme ce n’est pas à vous de vous adapter au yoga, mais c’est au yoga de s’adapter à vous allez lire la section Astuces et variations ci-dessus pour trouver l’adaptation de cette posture qui convient à votre condition !

Comment aimez-vous cette posture ? Partagez votre expérience dans les commentaires ! 😉

 

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Noemie

Comments

Anne
Reply

Bonjour. Merci beaucoup pour ce magnifique article. J’ai quelques trains de retard mais je vais m’empresser de le rattraper et de lire tout le contenu de votre blog.

La posture de l’enfant est celle que je préfère. Je l’ai pratiquée lorsque j’avais 13-14 ans, une prof de yoga venait dans le pensionnat où je vivais des heures parfois sombres. Mais elle, appelait cette posture « la feuille pliée ». De suite, j’ai aimé, beaucoup même, cela ne devait pas être anodin. C’est depuis cette année que je pratique le Kundalini Yoga et avant de choisir définitivement mon professeur, j’en ai rencontré qui disent « la posture du bébé » et en effet, le professeur que j’ai adopté dit « la posture de l’enfant ». Mais qu’importe après tout …

Merci pour ce temps que vous prenez de décrire en mots, c’est tellement important pour la personne aveugle que je suis. Je suis effrayé de toutes ces images de part et d’autres qui circulent, sans mot … Or la communication avec le bébé, l’enfant, c’est justement le toucher, les mots même si bien sûr, le regard est tellement essentiel. voilà, je veux vous transmettre toute ma gratitude pour le yoga en mots. A bientôt.

Anne qui vous sourit!

« Fais du bien à ton corps afin que ton âme ait envie d’y rester. » (proverbe indien)

Noemie
Reply

Merci infiniment Anne pour vos commentaires ! En effet, qu’importe les noms, c’est l’expérience qui compte. Les mots peuvent tellement l’enrichir ! Chaque image crée une résonance différente à même le corps, c’est comme un toucher par les mots ! 😉 Merci beaucoup et au plaisir !

Eve-Anne / votreyoga
Reply

Bonjour Noémie
J’aime beaucoup ton article.
Rien qu’en le lisant, on a l’impression d’entrer dans un cocon doux et moelleux … 🙂

Noemie
Reply

Formidable !

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